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|  Le procès du sel dérange ! | HYPERTENSION ARTÉRIELLE Le procès du chercheur Pierre Meneton, attaqué par l'industrie du sel, cache un clivage scientifique à l'Inserm sur les causes de cette maladie qui touche 11 millions de français.
par Priska Ducoeurjoly
Le sel est-il, oui ou non, responsable dans l'explosion de l'hypertension artérielle ? Une chose est aujourd'hui acquise : Explosion il y a ! Les 11 millions d'hypertendus sous traitement, en constante augmentation selon la Caisse nationale d'assurance maladie, représentent la troisième cause de prise en charge à 100 % derrière le diabète et les cancers. 60 % des plus de 70 ans sont concernés, un adulte sur cinq. Le coût de cette pathologie n'est pas uniquement généré par les médicaments de l'hypertension, mais aussi par ceux du diabète, du cholestérol, les anticoagulants, prescrits en association dans une majorité des cas. En 2006, la prise en charge de l'hypertension et des facteurs de risque associés (les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux) atteint ainsi 4,4 milliards d'euros, contre 2,6 milliards en 2000.
C'est dire l'enjeu du procès qui oppose un chercheur de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), pour qui le sel est un facteur de risque majeur, et le Comité des salines de France, qui crie à la désinformation. Ce comité compte une dizaine de membres et fédère la quasi-totalité de la production de sel du territoire (dont les salines du Béarn), à l'exception des paludiers de l'Atlantique. Les deux membres les plus importants, les Salins du Midi et les Salines de l'Est, ont engagé le comité dans l'action en justice. Le délibéré est attendu jeudi 13mars prochain.
Diffamation L'industrie du sel attaque Pierre Meneton pour diffamation sur une phrase parue dans un petit journal, aujourd'hui disparu (" Toc ") : "Le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire industriel est très actif. Il désinforme les professionnels de la santé et les médias." ; Au-delà du problème de savoir si la diffamation peut juridiquement être retenue, la question de fond est celle du lien entre sel et hypertension. Sur ce point, un débat d'experts fait rage au sein du prestigieux Inserm entre Pierre Meneton et le néphrologue Tilman Drueke, tous deux spécialistes de l'hypertension. Le premier, qui dénonce l'abus de sel, travaille au sein du département de santé publique et d'information médicale de Jussieu. Le second, qui conteste cette analyse, est non seulement rattaché à l'hôpital Necker, mais conseille aussi, depuis vingt ans, le Comité des salines de France. Au sein de l'Inserm, dont les travaux scientifiques font autorité en matière de santé, ces deux chercheurs s'opposent radicalement. Ce qui n'est pas sans compliquer le travail de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), chargée de définir les apports journaliers maximaux en sel pour chacun d'entre nous. La tension monte d'un cran en 2001, lorsque Tilman Drueke, à l'époque expert à l'Afssa, rédige le chapitre sur le sodium dans les " Apports nutritionnels conseillés à la population française " : "Chez le sujet bien portant, le niveau de la pression artérielle ne dépend que très peu ou pas de la quantité de sel consommée […]. Il convient d'éviter les excès dans les deux sens, c'est-à-dire des apports de sel supérieurs à 12 grammes par jour ou inférieurs à 5 grammes par jour.". "Ces recommandations sont en totale opposition avec celles données dans le monde depuis trente ans. Il n'y a pas une seule expertise collective indépendante qui dédouane le sel", assure Pierre Meneton, qui pose la question du "noyautage de l'Afssa par des personnes ayant des liens d'intérêt très fort avec le privé". "Sur les méfaits de la surconsommation de sel, il y a un large consensus scientifique, mais il est occulté par une poignée d'études financées par le Comité des salines qui souhaitent faire croire que la question n'est pas tranchée. Or, il est de notoriété publique que la recherche indépendante ne donne pas les mêmes résultats que la recherche privée.". Dès 2002, l'Afssa a revu sa position, même si, conséquence du rapport de force, les doses maximales admises (8 grammes par jour) sont notoirement au-dessus du dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2007 : 5 grammes par jour pour la population générale, d'après un travail de 40 experts. L'Association médicale américaine n'y va pas non plus avec le dos de la salière : "Les morts attribuées à l'excès de sel représentent un lourd tribut, l'équivalent d'un avion de 400 passagers s'écrasant chaque jour.".
Intérêts financiers "Si le débat sur la dangerosité du sel est entretenu depuis trente ans, c'est parce que les intérêts financiers dépassent les seuls producteurs. Ces derniers trouvent une protection du secteur agroalimentaire. Le sel est un exhausteur de goût qui permet aussi d'augmenter avantageusement le poids d'un produit grâce à sa faculté de retenir l'eau", lâche Pierre Meneton. Contacté par "Sud-Ouest", Tilman Drueke n'a pas souhaité réagir. Du côté du Comité des salines, on s'exprime volontiers : "Pour nous, le débat est toujours ouvert, explique Sarah Clisci, la directrice. Ce qui nous intéresse, c'est de voir l'ensemble des avis sur le sujet. Comme souvent en nutrition, ce n'est ni noir ni blanc. On ne paye pas les chercheurs. Mais nous faisons du mécénat scientifique par le biais d'associations d'aide à la recherche.". En revanche, le Comité des salines n'a pas souhaité commenter la présence d'un groupe du nom de Solvay parmi ses membres. Cet industriel, qui produit du bicarbonate de sodium et possède une saline, détient aussi, troublante coïncidence, une filiale santé, Solvay-Pharma, qui fabrique, entre autres, des médicaments contre l'hypertension (Physiotens, Lumitens et Teveten). Décidément, le dossier du sel n'a pas fini de surprendre.
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|  Existe-t-il un lien avec l'obésité ? | Publiée dans "Hypertension", mensuel US de l'Association américaine du cœur (American Heart Association), une étude britannique s'interroge sur les liens entre la consommation de sel et la consommation de soda ou de boisson sans alcool chez les enfants. Les chercheurs de l'Institut Saint-Georges, département de la pression sanguine, rattaché à l'université de Londres, démontrent un fait connu et expérimenté de tous : manger salé donne soif ! Cette évidence ne serait pas sans conséquence dans le développement de l'obésité. Les trois chercheurs concluent, après une étude menée auprès de 1.700 enfants de 4 à 18 ans, que la consommation de sel est un facteur majeur de consommation de boissons sucrées. Selon eux, il suffirait de diminuer de moitié la consommation de sel pour prévenir l'obésité de l'enfant, à travers la réduction de boissons sucrées.
Apports cachés Mais comment réduire notre consommation de sel sachant que 80 % de nos apports sont "cachés",c'est-à-dire que nous les consommons hors salière, par le biais des plats préparés,des charcuteries, des fromages,du pain ou encore des produits de grignotage. Selon deux études de l'Afssa et de l'Institut national de veille sanitaire, publiées en 2007, un Français consomme en moyenne 8,5 g de sel par jour. Cela représente une montagne de 180.000 tonnes annuelles. Des chiffres relativement cohérents avec les 300.000 tonnes écoulées chaque année pour l'alimentaire par le Comité des salines de France (les paludiers de l'Atlantique ne sont plus adhérents depuis 1999 : Ré, Noirmoutier, Oléron, Guérande), sachant qu'une partie est utilisée pour le déneigement. Réduire sa consommation de sel passe nécessairement par un retour aux fourneaux familiaux, en ayant la main légère sur la salière ! Une bonne façon de retrouver un équilibre de la pression sanguine implique également des apports supérieurs en potassium, un sel minéral Faisant baisser la tension, présent en large quantité dans une catégorie d'aliments que les Français consomment de moins en moins : les fruits et légumes.
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|  Couches lavables ou couches jetables ? | COUCHES LAVABLES. Le marché se développe depuis trois ans autour de quatre fabricants français, dont un bordelais. Les mamans qui ont essayé sont emballées ! Le bébé écolo est arrivé « Franchement, vous imaginez les femmes revenir aux méthodes de grand-mère ? D'ailleurs, ma grand-mère, elle me disait bien que j'avais une sacrée chance d'avoir des couches jetables, parce que dans son temps, les langes, c'était la galère. Le linge à plier en quatre, les épingles à nourrice, et tout et tout…», sourit Anne Devaureix, jeune maman de Bordeaux, convertie aux couches lavables au deuxième enfant, à la suite de discussion sur des forums sur la maternité. « Attendez, on a quand même la machine à laver aujourd'hui ! », tempête Bénédicte Gros, fondatrice de eco-bebe.com avec Sébastien Robin son conjoint, un site internet bordelais qui ne cache pas amour pour les couches lavables.
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|  Une espèce de mamifères sur 10 est menacée en France | Onze espèces de mammifères sur 119 (dix espèces continentales et une marine), sont menacées de disparition en France métropolitaine, selon le Muséum National d'Histoire Naturelle et le Comité Français de l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN). Ces données sont issues du troisième chapitre de la Liste rouge nationale des espèces menacées, qui concerne les mammifères présents en métropole. Lancé en 2007, le projet de Liste rouge nationale se compose de chapitres taxonomiques (mammifères, plantes vasculaires, crustacés, libellules…) et géographiques (métropole, Réunion, Guadeloupe…). Il doit réactualiser les deux livres rouges français de la faune et de la flore, réalisés il y a plus de 10 ans et uniquement sur le territoire métropolitain. Le comité français de l'UICN note toutefois des "progrès encourageants" grâce aux différents plans de restauration actuellement mis en œuvre pour des espèces telles que la loutre d'Europe et le bouquetin des Alpes. La France s'est engagée, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, à stopper l'érosion de la biodiversité sur son territoire d'ici 2010.
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|  OGM : la Commission désavouée par 22 pays | 2 mars 2009 : L'interdiction de cultiver du maïs OGM en Autriche et Hongrie a été confirmée lundi 2 mars par un vote à la majorité du conseil Environnement, désavouant la Commission. Saluée par les associations et le Meeddat, cette décision conforte le moratoire français sur le maïs MON 810 qui sera réexaminé lors du prochain conseil Environnement. "C'est un résultat très sévère pour la Commission", a déclaré à l'AFP Jean-Louis Borloo, ministre français de l'environnement. Réunis au sein du conseil Environnement, les 27 ministres de l'Union européenne (UE) devaient se prononcer sur la proposition de la Commission visant la levée de trois clauses de sauvegarde qui permettent une interdiction de culture temporaire du maïs Mon 810 (Monsanto) en Autriche et Hongrie, et du maïs T 25 (Bayer) en Autriche. Or cette requête a été rejetée par 22 Etats membres sur 27, "à une large majorité qualifiée, sans précédent sur le sujet", selon le Meeddat. Les votes "contre" ont totalisé 282 voix sur 345 pour le Mon 810 (278 voix pour le T 25), dépassant le seuil requis des 255 voix. Seuls 5 pays, l'Estonie, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, et la Suède ont voté "pour". "Les votes de l'Allemagne, de la Belgique et de l'Espagne ont été déterminants", a souligné à l'AFP Jean-Louis Borloo. Le conseil Environnement a ainsi confirmé ses votes antérieurs de 2006 et 2007. Entretemps, les données sur les impacts environnementaux des OGM fournies par l'Autriche et la Hongrie ont été jugées non pertinentes par l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) qui a conclu à l'absence de risque. Si la majorité n'avait pas été atteinte, la Commission aurait donc pu imposer la levée des interdictions. Ce vote est une bonne nouvelle pour les partisans du moratoire français sur le Mon 810, adopté en février 2008, et qui s'inquiétaient de sa remise en cause suite à la publication du rapport controversé de l'Afssa. "Après avoir admis celle de nos voisins, il n'y a pas de raison que les Etats membres s'opposent à la clause de sauvegarde française", souligne Lylian Le Goff de France nature environnement (FNE). L'arbitrage devrait être rendu dans les prochaines semaines par le conseil Environnement suite à l'échec d'obtention d'un accord par les experts européens le 16 février. L'association Greenpeace qui se réjouit "du désaveu infligé à la Commission", appelle les ministres à le confirmer lors du vote sur les moratoires français et grec. In fine, la décision la plus attendue est celle du renouvellement de l'autorisation du Mon 810 prévu cette année. "Nous souhaitons que soient maintenues les clauses de sauvegarde nationales jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur le renouvellement éventuel de l'autorisation de ces OGM", indiquent le ministre chargé de l'environnement et la secrétaire d'Etat à l'écologie dans le communiqué du Meeddat. Les ministres européens de l'environnement ont en outre réaffirmé leur volonté d'une évaluation renforcée "prenant en compte les particularités territoriales et les impacts potentiels des OGM à moyen et long terme", conformément aux conclusions du conseil Environnement du 4 décembre dernier. Le Conseil a d'ailleurs justifié son vote en rappelant que le maïs Mon 810 n'a pas encore été réévalué conformément aux nouveaux critères harmonisés sur le risque environnemental introduits par la directive 2001/18/EC qui remplace la directive 90/220/EC par laquelle le Mon 810 avait été approuvé. "Ce vote prouve que le principe de précaution est de plus en plus reconnu au sein de l'UE", souligne Lylian Le Goff. "Une instance indépendante, pluridisciplinaire, et dotée de moyens pour réaliser des contre-expertises doit être mise en place afin qu'une véritable évaluation des risques puisse être conduite", souligne-t-il, arguant que les évaluations actuelles se fondent uniquement sur les dossiers fournis par les industriels. "A force de jouer les garçons coursiers pour les firmes de biotechnologie, José Manuel Barroso s'est fait désavouer, déclare Christian Berdot de l'association des Amis de la terre. Il était temps que les votes des Etats membres représentent enfin la volonté de l'immense majorité des citoyens européens.".
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 | |  | | A méditer... | Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station L'Enfant Plaza du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Quelques minutes ensuite, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Seule une personne l'a reconnu sur plus de mille personnes. Personne ne savait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place. C'est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses passons-nous ? Ça c'est passé le 12 janvier 2007 |
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